7 médicaments qui empêchent de bander

Les origines de la dysfonction érectiles sont multiples, et il y en a une à laquelle on pense généralement en dernier : les médicaments. Et si vous avaliez sans le savoir chaque jour une pilule qui fait débander ? Un médicament qui rend impuissant c’est possible. Découvrez tout de suite les 7 médicaments qui empêchent de bander (1).

Les traitements de l’hypertension

L’hypertension est en soi une source de dysfonction érectile puisqu’elle perturbe le fonctionnement des cellules qui tapissent les vaisseaux sanguins et fabriquent l’oxyde nitrique, gaz sanguin indispensable à l’érection. Mais le traitement de l’hypertension peut s’ajouter à ces troubles. Ce sont surtout certains diurétiques, prescrits aux hommes souffrant d’hypertension artérielle, qui ont prouvé leur capacité de nuisance sur l’érection.

Chez les hypertendus traités il semble que le taux de dysfonction érectile sous diurétique thiazidiques en particulier soit de 17 %, alors qu’il n’est que de 8 % dans le cas de prise de placebo. Dans la trousse à pharmacie cherchez les noms tels que Spironolactone ou Aldactone.

Les traitements de l’hypertrophie bénigne de la prostate

L’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) est très courante chez les hommes de plus de 50 ans. Si la maladie n’a rien de grave, elle est très handicapante car en grossissant la prostate appuie sur la vessie et le canal urinaire. Résultat : des envies pressantes permanente et une impossibilité de vider correctement sa vessie.

Il existe des traitements naturels à utiliser en prévention ou en tout début d’HBP. Ceux là ne font pas partie des médicaments qui empêchent de bander.

Mais pour traiter l’HBP il y a aussi et surtout des médicaments, les inhibiteurs de la 5alpha-réductase. Ce sont ces médicaments qui peuvent être responsables de dysfonction érectile (dans 5 à 16 % des cas), mais aussi de troubles de l’éjaculation et de baisse du désir sexuel dans des proportions moindres.

Les traitements de la calvitie

Ce sont les même inhibiteurs de la 5 alpha-réductase qu’on trouve dans le traitement de l’hypertrophie bénigne de la prostate. Le médicament le plus connu et ayant entraîné des problèmes d’érection est le Finastéride.

Les traitements du cancer de la prostate

Quand le cancer de la prostate est traité par des anti-androgènes (inhibiteurs de la testostérone), le risque de dysfonction érectile est massif. Ce sont clairement les pires médicaments qui empêchent de bander.

Dans tous les cas il y a perte du désir, dysfonction érectile et réduction de l’éjaculation durant le traitement. En cause, les analogues de la GnRH, qui, en entraînant une diminution des taux de testostérone, ont un effet équivalent à une castration chirurgicale, qui est réversible à l’arrêt du traitement.

Les hormones féminines telles les œstrogènes et la progestérone ont le même type d’effets. De même, les anti-androgènes stéroïdiens (le plus souvent l’acétate de cyprotérone) réduisent le désir et les érections spontanées chez 90 % des hommes traitées.

Les anti dépresseurs

Pour soigner la dépression, rien de tel que les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS). Malheureusement ils ont aussi un effet puissant sur l’érection et le désir, au point qu’ils peuvent être utilisés pour lutter contre l’éjaculation précoce. (2)

Chez les hommes qui n’ont pas de problème d’éjaculation précoce, ils ont malheureusement un effet inhibiteur du désir et de l’érection.

Chez 90 % des patients, les ISRS entraînent des troubles sexuels. On compte également parmi les effets secondaires indésirables, une diminution de la sensibilité du pénis, et une absence d’orgasme.

Les noms à repérer dans le tiroir à médicaments ? Fluvoxamine, fluoxétine, paroxétine, citalopram, sertraline.

Neuroleptiques et anxiolytiques

Malheureusement difficiles à éviter dans le traitement des psychoses graves — telle la schizophrénie — certains neuroleptiques ont pour effet d’augmenter les taux de prolactine dans le corps. Cette hormone n’a rien de viril et en avoir en excès peut même faire pousser les seins chez l’homme.

Les médicaments neuroleptiques qui causent une hyperprolactinémie induisent des troubles de l’érection et du désir dans 40 à 60 % des cas. Il s’agit de l’olanzapine, la rispéridone, l’haloperidol, la clozapine, et la thioridazine.

De leur côté les benzodiazépines, utilisés à grande échelle pour apaiser les angoisses sont parfois à l’origine de dysfonction érectile.

Antidouleurs

Les français développent une certaine appétence pour les médicaments opioïdes. Mauvaise idée : l’overdose par opioïdes est devenue la première cause de mortalité aux USA, devant les morts par armes à feu.

S’il fallait une raison de plus pour les éviter ce serait celle là : ces médicaments anti douleur, agonistes des récepteurs morphiniques, ont pour effet secondaires des problèmes d’érection et un retard à l’éjaculation. C’est en particulier le cas du Tramadol, un antalgique opioïde souvent prescrit en dernière alternative avant l’utilisation de la morphine. On le retrouve aussi sous les marques Nobligan, Tiparol, Tropalgic, le Contramal, Tradolan, Tramal, Ultram, Ixprim.

L’avis du Vidal

Voici enfin, selon le Vidal, la liste des médicaments susceptibles de causer l’impuissance :

Aténolol, bétatop, ténormine, kerlon, détensiel, soprol, mikélan, célectol, trandate, bétapressine, lopressor, séloken, corgard, trasicor, visken, avlocardyl, hémipralon, artex, timacor, aldomet, équibar, hyperium, alpress, minipress, logroton, moducren, trasitensine, viskaldix, bêta-adalate, logimax, ténordate, tensionorme, aldactone, practon, spiroctan, modamide, aldalix, aldactazine, cyclotériam, isobar, modurétic, practazin, prestole, prinactizide, spiroctazine.

Bien sûr, il n’est pas question d’interrompre un traitement de soi même sous prétexte qu’il cause l’impuissance. Mais ne craigniez pas d’en parler à votre médecin et de voir si, le cas échéant, il est possible d’ajuster votre traitement pour améliorer votre vie sexuelle sans mettre votre santé en danger.

Sources :
  1. La iatrogénie médicamenteuse en médecine sexuelle, Prog Urol, 2013.
  2. Dysfonction sexuelle liée aux médicaments ISRS, Wikipédia.

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